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ORDRE DES AVOCATS AU BARREAU DE NICE

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Le Figaro 03/05/2018

9 juillet 2018

Par Vincent-Xavier Morvan
Publié le 15/04/2018 à 19h20

Plusieurs affaires pénales et civiles ont été reportées. Le barreau s’oppose au projet de loi de programmation pour la justice.
Nice

Interruptions d’audience de cour d’assises ou de ventes à la criée, cadenassage des grilles du tribunal, défilés dans la rue, boycott des comparutions immédiates et des gardes à vue: depuis dix jours, le barreau de Nice, opposé au projet de loi de programmation pour la justice qui doit être présenté le 20 avril en conseil des ministres, a voté une grève totale et illimitée, provoquant «une désorganisation monstre au palais de justice» selon Me Valentin Cesari, leur bâtonnier. En début de semaine, le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre confirmait qu’une vingtaine d’affaires pénales avaient déjà dû être reportées, ainsi que de nombreuses affaires civiles, systématiquement renvoyées quand la demande en est faite.

«Cheminots en robe noire»

«Au départ, c’est le conseil de l’ordre du barreau, le 4 avril, qui a décidé de ce mouvement», raconte Me Cesari. Le lendemain, lors d’un procès en correctionnelle qui voyait comparaître des ressortissants hongrois pour des faits de proxénétisme, leurs six avocats niçois ont quitté la barre avant les plaidoiries. Le ton est encore monté lundi quand les avocats en colère ont fait irruption en pleine session de cour d’assises pour demander le renvoi du procès. Furieux, le président les a traités de «cheminots en robe noire», jugeant leur action «stupide et ridicule» et qualifiant les grévistes de «honte de la profession», avant finalement de prendre une ordonnance de renvoi. Jeudi, alors que les avocats réunis en assemblée générale ont voté à la quasi-unanimité la reconduction de la grève, un second procès d’assises n’a pu se tenir que grâce au concours des forces de l’ordre qui avaient bloqué l’accès de la salle aux robes noires. «Mais j’ai déjà prévenu le président du tribunal que demain matin lundi nous allons revenir en cour d’assises pour demander le renvoi du procès programmé», met en garde le bâtonnier.

Rebaptisé par dérision «projet de loi sur la fin programmée du service public de la justice», le projet de réforme du gouvernement est à l’origine de ce mouvement de grogne inédit sur la Côte d’Azur. «Le public ne comprend pas mais c’est lui qui sera la première victime de ce projet car on touche au droit fondamental d’accès au juge», estime Me Sylvie Dutto, une avocate du barreau de Nice en pointe sur ce mouvement et qui se dit «choquée et scandalisée» par les mesures envisagées. «On veut décourager l’accès au juge pour des raisons budgétaires, c’est une privatisation de la justice, mais la justice n’est pas une entreprise du CAC40, on n’est pas là pour faire des bénéfices», tempête le bâtonnier, qui craint «une justice de classe» et considère que «le projet éloigne le justiciable du juge et qu’à la fin, c’est lui qui mettra la main au portefeuille.» «Nous demandons à être reçus par la Chancellerie», réclame le représentant des avocats du barreau de Nice, qui en compte plus d’un millier, et qui envisage maintenant de se joindre à la manifestation organisée jeudi à Nice par les cheminots, les vrais.

Barreau de nice

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