ACTUALITES
2
avril
Quadrature
du cercle
Magistrats, avocats, professeurs d’université,
chefs d’entreprise ont décidé de cohabiter
au sein d’un « Cercle des juristes ».
Ce lieu de réflexion est destiné à
renforcer dans le discours public, la place du droit.
Une discipline jugée absconse, obscure, compréhensible
par les seuls initiés. Le but est de l’imbriquer
dans les débats de société en la
rendant intelligible à tout un chacun, au cours
de conférences, dîners-débats, distributions
de prix, publication annuelle d’un livre blanc sur
un thème d’actualité.
Membres fondateurs de ce cercle, malgré tout fermé,
à l’inverse de la matière qu’il
veut ouvrir : les avocats Jean-Michel Darrois, Olivier
Metzner, Jean Veil (le fils de Simone) ; les magistrats
Guy Canivet (ancien Premier Président de la Cour
de Cassation et actuel membre du Conseil Constitutionnel),
Jean-Marc Bayssus, Gérard Rameix ; les enseignants
de faculté Denys de Béchillon, Guy Carcassonne
(ancien conseiller du premier ministre L. Jospin et actuel
membre du « Comité de réflexion sur
la modernisation et le rééquilibrage des
institutions », créé par le Président
N. Sarkozy); les dirigeants Daniel Bouton, le dynamique
responsable de la Société Générale,
Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault et actuel Président
de la « Haute Autorité de Lutte contre les
Discriminations et pour l'Egalité » (Halde).
27 mars
Munificence
Qui a dit que la Justice est un parent pauvre de la République
? Il est vrai que faute de moyens, le nombre de magistrats
n’a quasiment pas changé depuis 1,5 siècle,
alors que la population – en ce, les justiciables
– augmentait de quelques dizaines de millions d’individus.
Certes, pour réduire les coûts, des tribunaux
ont été supprimés et la « déjudiciarisation
» engagée à marche forcée.
Mais ce ne sont que des illusions.
Selon le site « Mediapart », les frais de
réception du ministère de la Justice «
ont grimpé de manière vertigineuse pour
finalement atteindre 270 000 € en décembre
2007, soit un dépassement de 30% par rapport au
plafond prévu ». Ce qu’a confirmé,
le 27 mars 2008, Guillaume Didier, porte-parole de la
Chancellerie., en indiquant qu’une rallonge budgétaire
de 100 000 € a dû être prévue
à ce titre pour l’année 2007.
Toutefois, M. Didier a démenti la « prise
en charge des dépenses personnelles » de
la ministre de la Justice, Rachida Dati, qui, d’après
« Mediapart », concernerait « des paires
de collants » et des « frais de maquillage
». Il a en effet précisé que la Chancellerie
disposait du « minimum nécessaire pour permettre
des raccords de maquillage".
17
mars
Pas
de droit au suicide assisté
Par ordonnance rendue ce jour, René Jaillet, Premier
Vice-Président du Tribunal de Grande Instance de
Dijon a suivi les réquisitions du Parquet, en rejetant
la requête d'euthanasie active présentée
par Chantal Sébire, qui, âgée de 52
ans, souffre d'une tumeur incurable.
Selon le Ministère public cette requête était
irrecevable, compte tenu de la législation actuelle,
c'est-à-dire la loi sur la fin de vie du 22 avril
2005, et de la jurisprudence de la Cour européenne
des droits de l'Homme ne reconnaissant pas l'existence
d'un "droit à mourir".
L'intéressée a décidée de
ne pas interjeter appel.
13
mars
Outreau, résultat
de la tyrannie d'opinion
Les sondages seraient à l'origine de ce que certains
appellent « la démocratie d'opinion »,
d'autres « la tyrannie d'opinion ». Une illustration
en est donnée par le philosophe Alain Finkielkraut
:
J'ai peur qu'il ne soit pas possible de civiliser l'opinion.
Si l'opinion devient un tribunal, qui jugera le juge?
Dans « La Contre-Démocratie », Pierre
Rosanvallo se réjouit de voir la politique arriver
à l'âge de la défiance. A côté
du peuple qui vote, voici le peuple qui juge, qui surveille,
le peuple de veto. Mais ce « peuple juge »,
on l'a vu à l'œuvre. Par exemple à
Outreau où le magistrat instructeur lui-même
a « basculé » parce qu'il était
porté par une opinion que l'affaire Dutroux avait
chauffée à blanc et qui lui demandait des
têtes. Des hommes politiques qui ont nagé
dans le sens du courant ont pris le parti hystérique
de réclamer emprisonnement, mises en examen et
peines exemplaires, alors même que la culpabilité
des accusés n'était pas attestée.
Cette campagne médiatico-politique a-t-elle fait
l'objet dans les médias d'une réflexion
critique ? Non. (in "Le Figaro",
10 mars 2008)
3 mars 2008
On a toujours besoin d'un avocat près de
soi
Trois avocats du Barreau de Paris, ayant participé
à l'émission deTF1, "Sans aucun doute",
font l'objet de poursuites disciplinaires de la part de
leur Ordre.
Il leur est reproché une "prise de contact
et pressions à l'égard d'un tiers à
l'occasion d'une émission de télévision
hors la présence de son conseil et sans lui avoir
indiqué qu'il pouvait être assistée
d'un avocat. Manquement aux principes essentiels définis
à l'article 1.3 du Règlement Intérieur
du Barreau de Paris, d'humanité, honneur, délicatesse
et modération ainsi qu'aux articles 5, 8.1, 8.2
et 8.3 relatifs aux rapports avec la partie adverse "
Les règles qui auraient été enfreintes
seraient notamment les suivantes :
" (...) L'avocat ne peut prendre contact ou recevoir
la partie adverse qu'avec l'assentiment de son client.
A cette occasion, il rappelle à la partie adverse
la faculté de consulter un avocat et l'invite à
lui en faire connaître le nom. Il s'interdit à
son égard toute présentation déloyale
de la situation et toute menace. Il peut néanmoins
mentionner l'éventualité d'une procédure.
(...)
"La prise de contact avec la partie adverse ne peut
avoir lieu qu'en adressant à cette partie une lettre,
qui peut être transmise par voie électronique,
en s'assurant préalablement de l'adresse électronique
de son destinataire, rappelant la faculté pour
le destinataire de consulter un avocat et l'invitant à
lui faire connaître le nom de son conseil. Ces règles
s'appliquent également à l'occasion de toute
relation téléphonique, dont l'avocat ne
peut prendre l'initiative."
Exposition
Daumier, l'artiste le plus condamné
Qui dira encore que la justice n'est pas juste ? Il suffit
de remarquer qu'elle s'intéressa tout particulièrement
à Honoré-Victorien Daumier (1808-1879),
qui caricatura tant et si bien les gens de robe. Il fut
en effet l'artiste le plus condamné, à une
époque où le dessin politique était
un genre dangereux.
Pour se replonger en ces temps - toujours d'actualité
- il faut visiter l'exposition "Daumier. L'écriture
du lithographe", Bibliothèque nationale
de France, 58, rue Richelieu, Paris (75002). Jusqu'au
8 juin