LE TRAITE DE VIE JUDICIAIRE D’ALEXIS MANCILLA

LE PORTIQUE

Les mots me manquent tant l'objet est magique.

Il fait rêver les malheureux aux voyages immobiles. Un petit tour au Palais de Justice et les voici à l'aéroport.

Il fait pleurer les enfants, première image d'un univers carcéral aux confins d'une adolescence tourmentée.

Il nous remet en valeur un lieu banalisé à grand renfort de pas perdus.

Et quelle efficacité ! Aucune agression depuis son installation. Comment, avant non plus ? Il était donc temps car fatalement arrivait sournoisement l'instant terrible ou le justifiable se jette sur ses icônes.

Le vrai problème demeure dans le nombre ridiculement faible de ces petites merveilles. Tribunal de Commerce ? Conseil de Prud'hommes ? Néant. Sans compter les planètes lointaines. Services contentieux ? Services après vente ? Bureaux des Réclamations ?

Il faut exporter la petite perle car le danger est partout. Hier j'ouvre une gazette. Un boulanger agressé dans son échoppe à coups de couteau. Avec le portique, cela ne serait pas arrivé. Et ce boucher sauvagement agressé avec ses propres ustensiles par un malade mental entre chez lui mains libres sous le lâche prétexte d'une attirance entrecôteuse ?

Nous touchons un autre problème. La nécessité des mesures d'accompagnement.

Si le boucher n'avait eu à disposition que des couteaux en plastique, le drame ne se serait jamais passé. Idem dans ce restaurant où le serveur fou s'en est pris à la population locale. Pas de couteau, pas de fourchette, pas de verre, pas de louche, pas de casseroles. Pas de drame.

Le risque zéro existe. Il suffit d'y mettre les moyens.

Vive l'intelligence humaine.