COMPTE RENDU
DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU C. N. B. DES 13 et 14 MARS 2008
Par Marie-Pierre LAZARD
Membre du CNB
1. SUR LES C P I
L’Assemblée générale, à la suite
de longs débats et compte tenu de l’ensemble des positions
de la profession, a voté oui à la majorité
(avec une vingtaine de voix contre) sur l’adoption des principes
d’ouverture de la profession aux conseils en propriété
industrielle tels que contenus au rapport de Philippe TRUFFEAU,
membre du CNB en charge de ce dossier depuis 6 ans, tout en précisant
dans la formulation de la question soumise au vote que l’on
poursuivra la discussion sur les conditions que nous souhaitons
imposer.
2.
POINT D’ETAPE SUR LA COMMISSION GUINCHARD
Le Recteur GUINCHARD, Président de la Commission, a posé
les trois axes principaux de la réflexion, à savoir
:
- la répartition du contentieux (entre les 3 juridictions
civiles de première instance, en vue d’une simplification)
- l’éventuelle déjudiciarisation de certains
contentieux, tant au civil qu’au pénal, (pour réserver
au juge ce qui relève véritablement de sa fonction
juridictionnelle et non pas de « se perdre dans des actes
administratifs »)
- les éventuels regroupements dans des pôles de contentieux
techniques ou spécialisés.
Nos trois représentants insistent sur le fait que lorsque
nous présentons nos arguments, il faut chaque fois rappeler
la plus value qu’en retire les justiciables et celle qu’en
retire le système.
Le Président a exigé la confidentialité des
débats pour que chacun puisse dire librement le fond de sa
pensée, d’où l’absence de compte rendu
précis sur la question.
L’aspect pénal a été dissocié
du civil et donc une sous-Commission pénale a été
mise en place.
Nous n’y avons pas encore formulé de propositions.
Actuellement, ils y emmagasinent les interventions.
Il y a des idées qui émergent dont ils débattront
ensuite, pour l’instant notre représentante du C N
B à cette commission (Andréane SACAZE) attend les
retours des questions posées aux Barreaux sur ce point.
Or, la Commission ad hoc du Barreau de NICE, que le Bâtonnier
a formée, laquelle se trouve composée de Maître
Nathalie BEURGAUD, Maître Sandrine SETTON, Maître Yolaine
BREYTON-DUFAU, Maître Patrick LE DONNE, Maître Julien
SALOMON, Maître Claudia GNAGNERI ainsi que moi-même,
a choisi d’axer nos travaux sur l’aspect Droit de la
Famille .
Il serait donc judicieux qu’une contribution supplémentaire
puisse émaner de notre Barreau, laquelle serait confiée
par exemple à Maître Nathalie ELMOZNINO.
Sur le plan civil, pour l’instant, rien n’a été
étudié, ni arrêté.
La profession va commencer à s’exprimer sur la répartition
des contentieux et la déjudiciarisation à compter
du 18 avril prochain.
Les pouvoirs publics sur cette question sont gênés
parce que la charrue a été mise avant les bœufs
en commençant par réformer la carte judiciaire.
Le principe de base qui nous anime, c’est de conserver au
maximum le rôle du Juge, mais il est clairement annoncé
qu’ils veulent le recentrer sur sa mission juridictionnelle
et éliminer tout ce qui est acte d’administration judiciaire.
Notre plus value consistera d’une part, à apporter
des idées différentes visant ces buts, d’autre
part, à démontrer qu’il ne faut pas aller dans
le sens de l’élimination du Magistrat, en prouvant
les moins values qui en découleraient.
La Commission attend sur ce point nos contributions.
En ce qui concerne la commission ad hoc du Barreau de NICE, elle
remettra ses écrits au Bâtonnier avant la transmission
au C N B.
Les
pouvoirs publics estiment que l’on a plus les moyens de payer
un Juge, dont le rôle n’est pas de trancher mais d’écouter
afin d’homologuer.
C’est la raison pour laquelle il a été imaginé
le transfert du divorce par consentement mutuel vers les notaires.
Or, les Notaires ont prévu d’être beaucoup plus
nombreux ces prochaines années, et cette prévision
de croissance est spectaculaire sur le plan historique.
Or, ils comptent ainsi constituer un maillage de proximité…
Les justiciables, de leur côté, ressentent de plus
en plus de difficultés à voir maintenue l’immixtion
du Juge dans ses rapports intimes, notamment lorsqu’ils sont
d’accord entre eux.
Donc, dans les travaux de la profession actuels, il faut tenir compte
d’une part de la philosophie du droit de la famille et de
la sociologie générale qui en découle, d’autre
part de la pénurie des moyens, mais aussi des intérêts
de la profession, et des intérêts des justiciables.
Il faudra enfin trouver les mots pour le dire et convaincre.
Rien n’est joué actuellement contrairement à
des bruits qui circulent.
même si l’enjeu est énorme et que nous perdrons
inévitablement des plumes, il convient de maintenir les efforts
en vue d’un travail constructif, ce d’autant que la
position des magistrats, nombreux à la commission (17) est
voisine de celle de nos trois représentants.
3. SUR LA STRATEGIE DE COMMUNICATION DU C N B RELATIVE A L’ACTUELLE
DEFENSE DE NOTRE PERIMETRE FACE AU PROJET DE DEJUDICIARISATION ET
DE TRANSFERT DU DIVORCE PAR CONSENTEMENT MUTUEL AUX NOTAIRES
Il a été créé sur le site du C N B un
espace dédié aux outils de communication.
Il y a un blog accessible à tous ainsi que des sigles à
télécharger pour les insérer sur nos divers
supports de communication, site, courriers, mails etc… Il
faut cliquer sur le paragraphe Commission ad hoc GUINCHARD en descendant
sur la home page.
La stratégie choisie veut répondre à un double
combat : ne pas subir des réformes qui ne nous conviennent
pas et s’allier l’opinion publique.
Le but premier est de cesser de passer pour des professionnels soucieux
de défendre uniquement leurs intérêts corporatistes,
en centrant la discussion sur les intérêts des justiciables.
Le Cabinet de gestion de crise choisi a décidé de
prendre l’axe du divorce pour thème central de notre
Commission.
Il cherche à renforcer la cohésion interne au sein
de la profession, pour que tout le monde communique de la même
manière, et prévoit une large campagne auprès
du grand public.
Dans les médias, il y a déjà des spots radios.
Il faut faire émerger des portes-parole locaux, nos Avocats,
nos Magistrats, nos professionnels du Droit.
le C N B a adressé une Lettre à tous les Bâtonniers
et aux élus en ce sens.
Une pétition nationale va être co-écrite avec
des alliés, associations etc… cette pétition
sera diffusée en avril.
Nous allons également établir un Livre Blanc dont
l’objectif est de prendre compte des besoins des citoyens
en les consultant davantage et de rassembler les propositions que
l’on fait aux décideurs politiques pour qu’ils
aient une vision globale de notre métier car actuellement,
nos propositions sont trop morcelées.
J’ai pour ma part suggéré qu’un deuxième
axe, en ce qui concerne la communication générale
auprès du grand public, soit choisi, à savoir celui
des infractions routières systématiques, qui est très
parlant pour le grand public (davantage que celui du divorce),
j’ai également suggéré que nos plaideurs
de haute qualité soient choisis dans chaque Barreau par les
Bâtonniers pour plaider sur dossiers de plaidoirie du C N
B la cause que nous revendiquons actuellement, afin de mieux convaincre
l’opinion publique, en utilisant notre principale force.
4. RAPPORT DE MICHEL BENICHOU, EX PRESIDENT DU CNB SUR LES NOTAIRES
Se dessine en Europe actuellement une volonté d’obtenir
un acte authentique européen qui aura une force exécutoire
dans n’importe quel pays.
La Chancellerie soutient l’acte authentique notarié
européen.
Cependant, l’Europe est contre les dispositions anti-concurrentielles,
elle est donc anti-sectorielle. Elle ne supporte pas, en ce sens,
le numerus clausus des Notaires latins.
Sont concernés en Europe, la France, l’Autriche, la
Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays Bas.
Ces pays imposaient une condition de nationalité, ce qui
était intolérable au vu des motivations de la Commission
européenne. Ainsi, tous les pays ont renoncé à
ce système, sauf un pays qui refuse et qui défend
ses Notaires : LA FRANCE…
C’est pourquoi, la Cour Européenne a été
saisie d’une action, actuellement pendante.
La motivation intéressante de la Commission vise le fait
que cette restriction n’est pas justifiée par la Délégation
de l’autorité publique, contrairement à l’argumentation
qui est avancée par les Notaires français ;
Elle estime aussi que les Notaires ne peuvent imposer de décision
à l’encontre de l’avis d’une partie qu’ils
conseillent ; et qu’en conséquence, Ils n’exercent
pas de fonction d’autorité publique.
C’est donc cette position que combattent les Notaires Français
et leur enjeu n’est pas le divorce par consentement mutuel…
Ils avancent également pour argument leur haut niveau de
qualification ; Mais cette argumentation ne résiste pas puisque
dans les autres systèmes, il y a des stages et des examens
qui sont prévus pour les étrangers qui veulent devenir
Notaires.
Si les Notaires Français ne cèdent pas sur cette question
de la nationalité, c’est que derrière il y a
bien sûr la question du monopole.
Ils se fondent sur un arrêt du Conseil d’Etat du 9 juin
2006 qui a rendu une décision contraire à la position
de la Commission en affirmant clairement « ils doivent être
regardés comme participants de l’autorité publique
».
Le C N B n’était pas partie à cette procédure,
et ignorait d’ailleurs qu’elle existait.
Nous nous interrogeons actuellement sur l’opportunité
d’une éventuelle tierce opposition à l’encontre
de cet arrêt et allons confier une consultation juridique
sur ce point a tel Conseil spécialisé.
C’est donc un Ministre de la Justice Français, seul
contre tous les autres pays, qui va défendre les Huissiers,
les Avoués et les Notaires.
Il semblerait que le combat va être sacrifié en ce
qui concerne les Huissiers et les Avoués et que seuls les
Notaires seront véritablement défendus.
La Commission Européenne a fait par ailleurs un travail très
intéressant de comparaison entre les différents systèmes
de notariat en Europe.
A ce titre, elle, a remarqué que le Notariat Latin est très
réglementé, qu’il prévoit un numerus
clausus et une réglementation stricte dans le marché
avec des tarifs fixes et a une activité exclusivement centrée
sur la vente, l’authentification et l’enregistrement
; que le système néerlandais est déréglementé
et sans numerus clausus, que le système anglo saxon prévoit
des honoraires négociables avec un libre accès au
marché et sans numerus closus.et un attachement au conflit
d’intérêt par l’exigence de deux Notaires
pour un acte de vente ; que Le système scandinave est totalement
déréglementé, avec une déontologie presque
inexistante, et des Notaires s’apparentant à des agents
immobiliers.
Selon la Commission européenne, l’intervention des
Notaires ne se justifierait pas, car les contrats sont préparés
par des agents immobiliers ou des Avocats, en ce qui concerne le
droit commercial, par exemple.
Elle estime que le contrôle postérieur n’est
pas nécessaire et rejette l’argument relatif à
la sécurité juridique.
Elle dénonce la compétence géographique qui
n’est ni obligatoire, ni justifiée.
Quant à l’argumentation des Notaires français
sur les subventions croisées (des tarifs élevés
sur les grosses transactions pour compenser l’inverse sur
les toutes petites transactions) elle a repris l’ensemble
de ses tarifs et a opéré différents calculs
et s’est aperçu que cette argumentation est fausse.
Enfin, sur l’argumentation des Notaires relative au fait qu’ils
collectent des impôts, la Commission indique que tout le monde
peut en collecter (si nous avocats, allions sur ce marché,
nous serions plus offensifs…),
elle dénonce surtout le fait que là où il y
a un système latin, les honoraires sont les plus chers (5
fois plus cher pour les grosses transactions en France par rapport
aux autres systèmes…).
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